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L'enfant et le 7e art : Bilan 2009



L’édition 2009 du festival de cinéma jeune public qui sillonne chaque année la Seine et Marne, une partie de l'Essonne et des Yvelines (Versailles et Le Chesnay) s’annonçait difficile : restrictions budgétaires diverses, crise économique et surtout, suppression d’une demie journée de classe, tout cela n’incitait guère les enseignants à envoyer les enfants au cinéma, même si le bénéfice pédagogique de l’opération n’est plus à démontrer.

Néanmoins, Le festival a, comme chaque année, tenu ses promesses à travers une programmation éclectique et intrépide, puisque tel était le thème retenu… Il a même dépassé la participation 2008, soit 32 000 entrées réparties dans les 23 cinémas participant, dont trois nouveaux (Lésigny et Varennes sur Seine / 77, Etampes / 91) qui avaient rejoint l’édition 2009.

PAI
Le thème, plus pointu qu’en 2008, a permis au jeune public de découvrir des films mettant principalement en scène le courage et la vitalité des enfants (en particulier les filles), décidés à braver de nombreux obstacles pour réaliser leur rêve ou tout simplement exprimer leurs désirs et faire valoir l’égalité de leurs droits...
 


Un festival est une occasion unique de découvrir des films plus rares, souvent récompensés dans de nombreux festivals internationaux, des films hors circuits commerciaux et donc peu diffusés en salle, car moins rentables en terme d’entrées…
Le principe de base du festival est d’accompagner le jeune public dans une démarche différente, de découverte et d’ouverture sur le monde : films de toutes cultures, dont certains en V.O.

Devant ces œuvres, le jeune public est rarement indifférent ou béat. Souvent surpris, parfois très ému, les enfants ont besoin de s’exprimer pour partager ce moment de convivialité et d’échange.
Devant un film, tous les enfants sont égaux : ils ont le droit d’avoir un avis personnel, d’avoir aimé ou pas, d’avoir leur propre interprétation de ce qu’ils ont vu.
Et cela engendre de passionnants débats qui les aident beaucoup à communiquer verbalement et par la suite, par écrit dans le cadre d’un travail en classe.
Les réflexions du jeune public sont toujours touchantes et intéressantes « Je n’avais jamais vu un film comme ça, mais ça m’a beaucoup plu » ou encore « C’était bien, parce qu’en sortant de la projection, on avait plein de choses à raconter sur le film » mais également « On se rend compte de la chance qu’on a, quand on voit la vie des enfants en Inde ou en Afghanistan ».

Par ailleurs, en participant à l’opération Jury, les enfants endossent la peau de « vrais » critiques de cinéma. Ils sont pris au sérieux, on les écoute et ils écoutent les autres.

Muskin
 
  • Avant, je pensais que les films documentaires étaient sans intérêt. Avec le recul, je m’aperçois que ces films apportent des explications à bien des questions et cela donne envie de prendre de nouvelles résolutions...
  • Nous avons aimé Caméra kids, car c’est le film qui nous a fait le plus réfléchir et c’est le film le plus dur…
  • Le 7e art est un festival très intéressant… il nous apprend comment faire une critique de film … grâce à ce festival, je vois les films d’un autre œil…
  • J’ai bien aimé le festival, ça change des films que l’on va voir avec nos parents, les films du festival sont plus culturels que ce que l’on a l’habitude de voir…
  • C’est intéressant d’être classe jury, on dirait que c’est facile de critiquer des films quand on lit des critiques, mais quand on les écrit, on voit que c’est assez difficile… on n’a pas le droit de mettre des mots comme : nul, bien, super…
  • Toute la classe a convenu qu’Eric Tabarly avait apporté beaucoup de choses au monde des bateaux et que c’était un homme qui avait eu une vie extraordinaire, qu’on pouvait apparenter à celle d’un véritable héros…
  • A première vue, Kolo, le petit suricate de « La famille suricate » et Tabarly sont deux personnages intrépides et courageux. Mais Kolo est plus curieux que courageux, car il découvre la vie et les dangers du désert et se débrouille pour survivre, alors que Tabarly connaît les dangers des océans et décide de les affronter quand même. Il est plus courageux, car il sait ce qu’il risque !
Autant de réflexions des enfants eux-mêmes qui indiquent leur intérêt et aussi leur surprise…de cet intérêt ! à la découverte de films dont ils ne sont pas coutumiers.

Dans une société où le dialogue devient de plus en plus difficile, le cinéma ne serait-il pas un des meilleurs outils pédagogiques pour permettre aux enfants de s’exprimer facilement et de s’épanouir sereinement, en posant un regard éclairé sur le monde qui les entoure ?

Il est aussi à noter que la Médiathèque de Seine et Marne réalise chaque année, en lien direct avec les films du festival, une bibliographie pour ne pas oublier que les mots sont au livre ce que les images sont au film, essentielles et complémentaires…

Rendez-vous pour l’édition 2010 du festival, avec déjà quelques superbes films en prévision.

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