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Principes de base du cinéma : Montage et projection

  Le montage  
 

Le montage est l'action de choisir et d'assembler des plans de bases dans un ordre donné et cohérent pour servir la narration. Les plans ainsi montés formeront eux-mêmes, les différentes séquences du film. Il sera suivi, ou précédé, des effets spéciaux, et du montage audio. Le tout formant le montage final (final cut).

Au début du cinéma le montage n'existé pratiquement pas. La plupart des films des frères Lumières ou de Méliès étaient de simples plans-séquences. Dans les années 1920, le cinéma russe contribua à conceptualiser cette technique, avec notamment Lev Koulechov qui mit en évidence l'impact du montage sur la perception des images.. Dans une expérience de psychologie cognitive, il filma le visage inexpressif d'un acteur, avec lequel il fit trois montages précédés d'images différentes. Dans le premier, celle d'une assiette de soupe, dans le second, celle d'un mort,. et dans le troisième, celle d'une femme lascive sur un canapé. Selon le montage, le spectateur percevra dans le regard de l'acteur, la faim, la tristesse ou le désir… alors qu'il s'agit rigoureusement de la même prise de vue du visage ! Le spectateur est donc enclin à interpréter les images dans leur succession, et non telles qu'elles sont individuellement, et à projeter ses propres émotions sur la toile. Cet effet Koulechov est un peu à la pyschologie ce que l'illusion optique est à la vision… Le cinéma de propagande l'a beaucoup utilisé, et si on veut le voir en action aujourd'hui, il suffit de regarder un clip politique ou un journal télévisé… Plus la ficelle est grosse… plus ça marche !

Le montage traditionnel s'effectue à partir du premier positif, les rushes. Les coupes et assemblages des plans à l'aide de film adhésif, se font physiquement sur le film, à la table de montage. Une fois le montage terminé, le film est envoyé au laboratoire pour duplication.
Aujourd'hui, le montage virtuel a prit le dessus. Le travail se fait à partir d'une copie numérique du négatif scanné ou transféré au télécinéma. L'ensemble de la postproduction peut, grâce à cette méthode, être entièrement réalisée sur ordinateur.

Le montage son se fait donc avant (films d'animation…) en parallèle, ou à la fin du montage image. Post-synchronisation des voix, sons d'ambiance, bruitage, illustration sonore, musique… simple formalité au début du parlant, il est devenu au fil du temps, un des composants essentiels de bon nombre de films. Qui pourrait imaginer un film d'horreur sans la musique angoissante qui fait monter la sauce, ou un combat au sabre laser de Star Wars sans le buzz caractéristique ?

Le montage final, ou final cut, peut avoir une influence déterminante sur le sens du film, la « happy end » demandée par les producteurs ne convient pas à tous les films… D'ailleurs, la Directors Guild of America (syndicat de réalisateurs US), permet aux « réalisateurs honteux » de signer leurs film sous le pseudo de Alan Smithee. Parfois, plusieurs versions du montage sont conservées, on parle alors du director's cut, pour celle voulue par le réalisateur.

 

Table de montage  Moviola
Une des premières table de montage électrique à lampes, pour films 35 mm, la Moviola (1924)

Table de montage Steenbeck
Table de montage Steenbeck ST921

Final Cut
Logiciel de montage FInal Cut Pro

  Le projecteur  

 

 

le défilement des images devant l'objectif n'est pas continu

Principe :
Il permet la projection lumineuse d'une image sur une surface plane et réfléchissante. Pour cela, la pellicule passe entre une source lumineuse condensée et un objectif. L'illusion du mouvement est donnée par le défilement régulier, mais saccadé des images (24/s). C'est un point un peu difficile à saisir, mais le défilement des images devant l'objectif n'est pas continu, sinon l'image serait bougée. Entre chaque image projetée, un obturateur coupe le faisceau lumineux pour que l'avancement soit imperceptible. Ce mouvement saccadé est produit par un dispositif en croix de malte.

Composition :
Un projecteur est composé de 5 parties principales :
Projecteur Meopta – la lanterne
 – le chrono
 – les objectifs
 – l'alimentation en film
 – le lecteur de son optique

– La lanterne est la source lumineuse utilisant une lampe spéciale au xénon (température de couleur 6000°K) d'une puissance de 1000 W à 7000W en fonction de la distance de projection. Elle est bien sur refroidi en permanence par un système de hotte aspirante.

 – Le chrono est la partie mécanique entre la lanterne et les objectifs. Le film passe dans un couloir de projection, où se situe l'obturateur qui coupe le faisceau lumineux, (comme à la prise de vue), pendant le temps d'escamotage (passage d'une image à l'autre). Ceci afin d'éviter le filage (surtout visible sur les textes) et le scintillement (variations de l'intensité lumineuse).  Les tambours débiteurs, au nombre de 3, permettent de faire défiler le film. Le tambour supérieur et inférieur tournent à vitesse constante, tandis que le débiteur de croix de Malte tourne par saccade. Enfin une manette de cadrage permet de centrer précisément l'image sur l'écran.

 – Les objectifs permettent de focaliser et projeter au loin la petite image enregistrée sur la pellicule et de faire la mise au point. Un objectif est caractérisé par sa focale, son ouverture et sa couverture de champ. On choisi un objectif en fonction du format de film et de la distance de projection.

– Le système d'alimentation en film peut être incorporé au projecteur (bobine émettrice et réceptrice) ou indépendant, (dérouleur vertical ou horizontal).

Certains modèles perfectionnés ont des fonctions supplémentaires :  
 • système de lecture de son numérique 5 canaux (DTS ou SRD)
 • sondes (activées par un ruban adhésif en métal placé sur le film) déclenchant des actions telles que l'allumage-extinction des lumières de la salle, le changement d'objectif…
 • systèmes de sécurité coupant le projecteur en cas de dysfonctionnement.

L'avenir :
Si pour le tournage, le film argentique garde encore des atouts indéniables (définition, rendu subjectif des couleurs, coût, …) par rapport au numérique, il n'en est pas de même pour la projection. L'évolution logique est la diffusion des films sur support numérique ou réseau crypté et le projecteur tout numérique piloté par ordinateur. Le seul vrai frein, (5% des salles équipées dans le monde), étant le coût très important de l'équipement, mais ce n'est qu'une question de temps…

Croix de malte
Fonctionnement au ralenti d'une croix de malte

Couloir Projecteur
Couloir ouvert d'un projecteur 35 mm

 

Cinématpgraphe

DLP-CinemeccanicaPlus d'un siècle sépare un Cinématographe Lumière (caméra-projecteur) d'un projecteur numérique Cinemeccanica…
Mais le résultat est finalement assez proche !

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